5 août 2019

Premier film de la rentrée

Jeudi 5 septembre à 20h30 et dimanche 8 à 18h

de Jaime Rosales, drame, thriller – Danemark, Espagne, France – avec : Bárbara Lennie, Alex Brendemühl, Joan Botey, Marisa Paredes, Petra Martínez – 1h47

Petra, jeune artiste peintre, n’a jamais connu son père. Obstinée, la quête de ses origines la mène jusqu’à Jaume Navarro, un plasticien de renommée internationale. Ce dernier accepte de l’accueillir en résidence dans son atelier, perdu dans les environs de Gérone. Petra découvre alors un homme cruel et égocentrique, qui fait régner parmi les siens rancœur et manipulation. Espérant des réponses, la jeune femme consent à se rapprocher de cette famille où dominent les non-dits .

Notre avis

Le cinéaste catalan Jaime Rosales compose, avec maestria, usant d’un style calme et apaisé, une impressionnante tragédie grecque sous le soleil de l’Espagne d’aujourd’hui. Ses plans-séquences très lents s’insèrent dans une chronologie décalée, tissée d’ellipses et de sauts dans le temps. Son puzzle scénaristique est découpé en chapitres. Cette structure rigoureuse et chatoyante répond à l’impératif d’Aristote dont se réclame Jaime Rosales :«_Tout doit être surprenant et nécessaire.»_Jusqu’à l’inattendue rédemption finale, au moment où le spectateur en vient à croire que l’esquif de Petra va sombrer.
Ce très beau film, élégant sous la noirceur, est illuminé par la pureté du visage et les regards interrogatifs, toujours sur le qui-vive, de Barbara Lennie, l’étoile montante du cinéma espagnol.

Petra , œuvre dépressive, est fascinante, car racontée avec la force puissante d’un thriller psychologique redoutablement efficace. Et l’on est pris, happé par une forme de suspense, avec des twists imprévisibles. (Les dernières nouvelles d’Alsace_)

Haut